Prise en charge des brûlures graves récentes chez l'enfant à Ziguinchor
Abstract
PRISE EN CHARGE DES BRÛLURES GRAVES RÉCENTES CHEZ L’ENFANT À ZIGUINCHOR
INTRODUCTION
Les brûlures graves de l’enfant constituent des traumatismes fréquents. Le manque de données, l’absence de structures spécialisées en région et la forte mortalité ont motivé la réalisation de ce travail. L’objectif principal de cette étude est d'évaluer la prise en charge des brûlures graves récentes chez l’enfant dans les hôpitaux de Ziguinchor.
PATIENTS ET MÉTHODES
Nous avons mené une étude rétrospective, descriptive et analytique sur une période de 4 ans (du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2024), dans les services de chirurgie pédiatrique du centre hospitalier régional de Ziguinchor et de pédiatrie de l’hôpital de la paix de Ziguinchor. Les données épidémiologiques, sociodémographiques, cliniques, thérapeutiques et évolutives ont été analysées.
RÉSULTATS
La fréquence hospitalière était de 5,8 %. L’âge moyen à l’admission était de 34,5 mois avec des extrêmes de 6 mois et 10 ans et un sexe ratio de 1, 25. Les nourrissons représentaient 68,3 % des cas. La majorité des patients vivait en zone urbaine avec un faible niveau socio-économique. La période du mois de ramadan et la période de fraîcheur avaient enregistré plus de cas. Tous les cas de brûlures résultaient d’accidents domestiques, principalement causés par des liquides chauds (86,9 %). Les brûlures touchaient principalement le tronc et les membres (40 %), simultanément le périnée-OGE (16,7 %) et l’axe tête-cou (15 %). La majorité des brûlures (84 %) étaient de 2ᵉ degré superficiel, avec une étendue de 11–20 % dans 42,6 % des cas. La prise en charge préhospitalière adaptée était quasi inexistante. La majorité des brûlés (79,6 %) ont été admis dans les six premières heures. Un remplissage selon la formule de Carvajal était effectué dans 37 % des cas. Le paracétamol seul était administré dans 73 % des cas et l’amoxicilline acide clavulanique seule dans 48 % des cas. Le pansement occlusif au gras prédominait (81 %), avec un premier pansement sous AG réalisé dans les six heures dans 38 % des cas. La durée moyenne d’hospitalisation était de 12,7 jours. Les principales complications étaient l’anémie et l’infection chacun représentant 11,1 % des cas. La mortalité était de 17,46 %. L’étendue > 20 % et les complications étaient statistiquement corrélées aux décès (p < 0,05).
CONCLUSION
Les brûlures graves de l’enfant sont fréquentes. Le remplissage vasculaire et la prise en charge de la douleur étaient insuffisants. La mortalité élevée était liée aux complications secondaires.
