Dynamique et effets de la production pétrolière sur la croissance économique en Afrique de l'Ouest : Application d'un modèle VEC (2001-2021)
Abstract
Cette thèse étudie l’impact de la production et de l’exploitation pétrolière sur la croissance économique dans les pays d’Afrique de l’Ouest sur la période 2001–2021. L’Afrique, qui représente environ 11 % de la production mondiale de pétrole tout en ne consommant que 3 % de l’énergie globale, demeure un exportateur net d’énergie (Chevalier, 2005a). La sous-région ouest-africaine se caractérise par une forte hétérogénéité : le Nigeria reste le principal producteur avec plus de 2,5 millions de barils par jour, tandis que des pays comme le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Bénin et récemment le Sénégal (depuis 2024) rejoignent progressivement le cercle des producteurs. La recherche s’inscrit dans le débat théorique opposant la thèse de la malédiction des ressources (Sachs & Warner, 1995) à celle du développement tiré par les ressources (Auty, 2001). L’objectif est d’évaluer empiriquement dans quelle mesure les revenus pétroliers influencent la croissance économique, tout en intégrant les effets de l’inflation, des investissements directs étrangers (IDE) et de la gouvernance. La méthodologie repose sur un modèle à correction d’erreur vectorielle (VECM) appliqué à un panel de 16 pays membres de la CEDEAO. Les résultats révèlent un coefficient de correction d’erreur de - 0,070934, indiquant qu’environ 7 % des déséquilibres sont corrigés à chaque période, traduisant une convergence progressive vers l’équilibre de long terme. L’inflation exerce un effet négatif significatif sur la croissance, tandis que les IDE contribuent positivement à la productivité. La rente pétrolière présente un effet différé positif, significatif à long terme mais dépendant de la qualité institutionnelle et de la gestion des revenus. L’analyse révèle qu’une augmentation des bénéfices à la période précédente exerce un effet complexe sur la croissance, tandis qu’un retard de trois périodes met en évidence une relation positive significative, avec un coefficient estimé à 3,45×109. Ces résultats montrent que le pétrole constitue un levier de croissance potentielle pour l’Afrique de l’Ouest, à condition d’une gouvernance transparente, d’une stabilité macroéconomique durable et d’une diversification économique effective.
