| dc.description.abstract | La dégradation des terres, qui se manifeste dans le bassin arachidier sénégalais par une baisse
de la fertilité des sols et par la salinisation, réduit les performances de l’agriculture dans cette
zone à vocation agricole. Cette étude vise à contribuer à la gestion durable des terres en
analysant l’influence de la distribution spatiale des caractéristiques physiques et chimiques des
sols sur leurs aptitudes agricoles ainsi que sur les pratiques de gestion mises en œuvre dans le
bassin arachidier, en particulier dans les communes de Diarère et de Ngayokhème. Une
approche multidisciplinaire a été mobilisée. La cartographie numérique des sols s’est appuyée
sur le modèle SCORPAN, utilisant des indices de télédétection extraits d’images Sentinel-2 de
10 m et du STRM de 30 m. Les analyses physico-chimiques ont été réalisées en laboratoire sur
cent échantillons de sols prélevés dans l’horizon 0-15 cm. Parallèlement, une approche
ethnopédologique a été adoptée pour une caractérisation locale des sols. L’évaluation de
l’aptitude agricole a été conduite selon la méthode du facteur limitant de la FAO et l’analyse
hiérarchique multicritère, tandis que l’analyse des pratiques agricoles a été réalisée à partir
d’enquêtes de terrain auprès de 345 paysans de la zone de l’observatoire de Niakhar. L’analyse
des propriétés physiques et chimiques des sols révèle une variabilité de la texture et de la structure des
sols dominés par des textures limono-sableuses et une structure instable, une faible teneur en matière
organique (0,469 - 2,345 %) affectant carbone, azote et CEC, ainsi que des contraintes locales d’acidité
(pH = 5,2), de salinité (CE jusqu’à 2760 μS/cm) et de sodicité (ESP = 60 %). L’ACP montre deux
gradients principaux : fertilité et salinité. L’évaluation des aptitudes agricoles des sols montre que la
majorité des profils présente des limitations liées à la faible CEC, aux carences en P et K, à l’acidité ou
à la salinité, conduisant à quatre niveaux d’aptitude agricole variant de sols aptes à inaptes. Les
typologies locales (« Joor le », « Ndack ne », « Xur », « O tan ») concordent avec la classification
pédologique (française). Les pratiques paysannes (fumure organique, rotation, jachère, RNA)
contribuent à la restauration de la fertilité mais restent contraintes par le manque d’appui technique et
financier. Cette étude actualise la connaissance des sols du bassin arachidier en intégrant
cartographie numérique et savoirs locaux pour une gestion durable. | en_US |