Caractéristiques de la population carcérale de la Casamance suivie au Centre Psychiatrique Emile Badiane de Ziguinchor : Étude rétrospective allant du 1er Janvier 2019 au 31 Décembre 2024.
Abstract
Caractéristiques de la population carcérale de la Casamance suivie au Centre
Psychiatrique Emile Badiane de Ziguinchor
(Étude rétrospective allant du 1er Janvier 2019 au 31 Décembre 2024)
Objectifs : Les objectifs étaient de décrire les caractéristiques sociodémographiques, cliniques
et judiciaires des détenus suivis au centre psychiatrique, d'identifier les pathologies mentales
prévalentes et d'analyser les facteurs associés, notamment la consommation de substances
psychoactives.
Patients et méthodes : Nous avons réalisé une étude rétrospective, descriptive et analytique,
portant sur l'ensemble des détenus référés au CPEBZ sur une période de 6 ans. Les données ont
été recueillies à partir des dossiers médicaux et des registres de détention.
Résultats : Au total, 46 détenus répondant aux critères d'inclusion ont été inclus. La population
était majoritairement masculine (93,5% ; n=43), avec un âge moyen de 34,7 ans (±10,4). La
majorité étaient célibataires (72% ; n=33) et près d'un quart (21,7% ; n=10) étaient sans emploi
avant l'incarcération. L'ethnie Diola était la plus représentée (37% ; n=17). Sur le plan clinique,
plus de la moitié (54,3% ; n=25) avaient des antécédents psychiatriques personnels. La
consommation de substances psychoactives était fréquente (52,2% ; n=24), dominée par le
tabac (50%) et le cannabis (43,5%). Les troubles psychotiques, dont la schizophrénie (37%),
constituaient les diagnostics les plus fréquents. Le vol était le chef d'inculpation principal
(18,3%) et la majorité des détenus (65,2% ; n=30) étaient condamnés. Aucune association
significative n'a été trouvée entre la consommation de substances psychoactives et les variables
sociodémographiques ou judiciaires.
Conclusion : Le profil du détenu suivi en psychiatrie est celui d'un homme jeune, célibataire,
avec un faible niveau d'instruction et une prévalence élevée de troubles psychotiques et de
consommation de substances psychoactives. Ces résultats soulignent la nécessité d'un dépistage
systématique des troubles mentaux et des addictions à l'entrée en détention, et d'une
collaboration renforcée entre les systèmes judiciaire et de santé pour une prise en charge adaptée
de cette population vulnérable.
