Evaluation de l'importance écologique et socio-économique de la biomasse ligneuse de la mangrove dans la commune de Djirnda (Département de Foudiougne, Sénégal)
Abstract
La mangrove, écosystème essentiel à l’équilibre écologique et au soutien des économies côtières, est
en déclin au Sénégal en raison d’une surexploitation du bois. Cette étude se propose une meilleure
connaissance de l’importance écologique et socio-économique de la biomasse ligneuse de la
mangrove. Elle s’appuie sur des enquêtes auprès de 249 ménages, ainsi que sur des mesures
biométriques du bois d’énergie dans 76 ménages et 10 fours de fumage de poisson. La quantité de
carbone séquestré et l’équivalant en CO2 émis lors de la combustion du bois ont été déterminés. Les
résultats révèlent que 30,52 % des ménages utilisent le bois de mangrove. La consommation annuelle
est estimée à 185,4565 tonnes. Le fumage de 210 tonnes de poissons pendant 06 mois consomme 450
m³ de bois, produisant 33600 kg de poisson fumé ; pour un chiffre d’affaires annuel de 31 080 000
FCFA. La combustion du bois entraîne l’émission de 437,45 tonnes de CO₂/an pour l’usage
domestique et 30,77 tonnes de CO₂/an pour le fumage de poisson, soit 468,22 tonnes de CO₂/an libérée
dans l’atmosphère. Le modèle de régression linéaire stricte élaboré est : Quantité de carbone (tCO2)
= 0,001621 x Biomasse (t) + 6,368e-18 ; R² = 1. Outre son usage combustible (94%), le bois sert de
matériel de construction (4,2%) et d’artisanat (1,8%). La création de l’Aire Marine Protégée du
Gandoul a attribué à meilleure conservation des ressources mangrove notamment par l’interdiction de
la coupe de bois vert selon 94,8% des enquêtés. Face à la dépendance des insulaires du Delta du Saloum
au bois de palétuviers que démontre cette étude, il urge de promouvoir de pratiques d’exploitation
durable afin de concilier les besoins des communautés et la préservation de l’écosystème de mangrove.
