Dynamique de l’occupation du sol de la forêt classée de Thiès (Sénégal) de 2000 à 2022 dans un contexte de changement climatique.
Abstract
Ce mémoire a été réalisé dans un contexte marqué par le changement climatique et une pression
anthropique croissante sur les écosystèmes forestiers. Il porte sur l’analyse de la dynamique de
l’occupation du sol dans la forêt classée de Thiès entre 2000 et 2022, une période au cours de
laquelle cette zone protégée a subi d’importantes transformations. L’objectif principal de cette
étude est d’évaluer l’évolution de l’occupation du sol afin de mieux comprendre les facteurs de
dégradation et leurs impacts socio-environnementaux. Pour ce faire, une méthodologie
combinant l’analyse d’images satellitaires via le logiciel Collect Earth et une enquête socio-
économique de terrain a été adoptée. Un recensement des espèces ligneuses a également été
réalisé à travers 20 placettes circulaires de 50 mètres de rayon, représentant une superficie totale
de 15,71 hectares, afin de caractériser la végétation et d’évaluer la pression sur les ressources
forestières. Cette étude met en évidence une transformation significative de l’usage des terres.
Entre 2000 et 2022, les terres forestières sont passées de 576,54 ha à 276,74 ha, soit une
régression de plus de 52 %, tandis que les prairies ont diminué de 10 423,86 ha à 8 555,86 ha.
En revanche, les terres cultivées ont fortement augmenté de 161,43 ha à 1 245,33 ha et les
établissements sont passés de 276,74 ha à 1 314,51 ha, traduisant une conversion accélérée des
espaces naturels. Les causes majeures de ces changements incluent l’extension des zones
agricoles, l’exploitation minière, les défrichements illégaux et les constructions. L’enquête
menée dans cinq localités a permis de mettre en évidence les impacts de cette dynamique sur
les populations : augmentation des risques d’inondation, détérioration de la santé publique et
accentuation de la vulnérabilité économique. Face à ces constats, ce travail recommande une
gestion durable des ressources, basée sur le reboisement, la participation communautaire,
l’intégration des outils géospatiaux et le renforcement des politiques de conservation.
