Analyse des vagues de chaleur et potentiels impacts sur la santé humaine dans un contexte de réchauffement de 1.5°C et 2°C au Sénégal.
Abstract
La hausse des températures moyennes mondiales accroît la probabilité d’événements thermiques
extrêmes tels que les vagues de chaleur, de plus en plus fréquentes, intenses et prolongées (Salas,
2022). Cette étude examine leur évolution au Sénégal sous deux scénarios de réchauffement
global : 1, 5◦C et 2◦C. L’objectif est de quantifier les caractéristiques des vagues de chaleur
selon le facteur d’excès de chaleur (EHF) et d’évaluer les risques sanitaires associés à travers
l’indice de chaleur (HI) sous ces deux scénarios.Les données de réanalyses ERA5, de Princeton
et les simulations de quatre modèles climatiques du projet ISIMIP2b, à l’origine des modèles
du programme CMIP5 ont été utilisées. Le EHF définit une vague de chaleur comme une
période d’au moins trois jours consécutifs où le EHF est positif, tandis que le HI classe le stress
thermique selon différents niveaux de risque.
Les résultats montrent que, durant la période historique, l’Est et le centre du pays sont les
plus affectées par les différentes caractéristiques des vagues de chaleur, avec un risque sanitaire
modéré en saison froide (Octobre à Décembre et Janvier à Mars), et élevé en saison chaude
(surtout en Avril à Juin). Sous les scénarios de réchauffement, bien que le nombre de vagues soit
plus élevé à +1, 5◦C, elles deviennent plus persistantes et intenses à +2◦C, touchant davantage
les régions de l’Ouest du pays. L’indice de chaleur augmente nettement, surtout à +2◦C,
traduisant une extension des zones de prudence extrême et un risque accru d’épuisement, de
crampes ou de coups de chaleur.
Une réduction du réchauffement planétaire de 0, 5◦C pourrait diminuer d’environ 3 % le stress
thermique et réduire la persistance et l’intensité des vagues, soulignant la nécessité d’actions
climatiques ambitieuses pour limiter la vulnérabilité du Sénégal face aux extrêmes thermiques.
