Prise en charge de l'œdème aïgu du poumon à la réanimation de l'Hôpital de la Paix de Ziguinchor (Sénégal)
Abstract
PRISE EN CHARGE DE L’ŒDÉME AIGU DU POUMON À LA RÉANIMATION DE
L’HÔPITAL DE LA PAIX DE ZIGUINCHOR (SÉNÉGAL)
INTRODUCTION
L’OAP est pathologie fréquente dont la prise en charge est une urgence. La gravité peut s’échelonner d’une
simple dyspnée d’effort à une insuffisance respiratoire majeure. Il est classique de distinguer deux types
d’œdème pulmonaire : cardiogénique et lésionnel. L’objectif général est de faire le point sur la prise en charge
de l’œdème aigu du poumon dans le service de réanimation de l’hôpital de la paix de Ziguinchor.
MÉTHODOLOGIE
Nous avons mené une étude rétrospective, descriptive et analytique. Elle s’est déroulée sur une période de 12
mois allant du 1er janvier au 31 décembre 2023.
RÉSULTATS
Au terme de la collecte, nous avons colligé 62 patients durant la période d’étude, soit une prévalence de 16 %.
L’œdème pulmonaire lésionnel était présent chez plus de la moitié des patients soit 74,4 % et 25,6 % des patients
ont présenté un œdème cardiogénique. L’âge moyen des patients était de 59,1 ans avec un écart-type de 19,1.
L’âge médian était de 60 ans avec des extrêmes de 20 et 99 ans. La répartition des patients était égale selon le
sexe avec un sex-ratio à 1. L’embolie pulmonaire retrouvée chez 30,6 % et la pneumopathie chez 32,3 % étaient
les principales étiologies des œdèmes pulmonaires lésionnels. La cardiomyopathie dilatée hypokinétique
retrouvée chez 14,5 % était la principale étiologie des œdèmes pulmonaires cardiogéniques. L’œdème
pulmonaire lésionnel était retrouvé chez près de trois quarts des patients soit dans 74,4 %. La plupart de nos
patients soit 96 % ont reçu du sérum glucose 5 %. L’antibiothérapie a été administrée chez 79 % des patients et
une corticothérapie chez 22 %. Plus de la moitié des patients soit 69 % ont reçu des antalgiques. Les diurétiques
ont été administrés chez 24 % des patients. Près de la moitié des patients soit 47,6 % ont reçu de la noradrénaline,
33,3 % de la dobutamine et 19 % un traitement synergique. La VNI a été utilisée chez 73 % des patients,
l’Optiflow chez 6% et la ventilation invasive chez 19 %. Nous avons déploré 69,4 % de décès. Près d’un tiers
soit 30 % des patients ont été transférés dans les autres services.
CONCLUSION
Les résultats de cette étude ont mis en exergue l’importance d’une évaluation clinique rigoureuse et d’une prise
en charge rapide et adaptée en fonction des étiologies. La distinction entre ces deux types d’œdème est
importante, car elle oriente le traitement et peut avoir un impact sur le pronostic des patients. Ce travail ouvre la
voie à de futures recherches notamment pour mieux comprendre les interactions complexes entre les mécanismes
cardiaques et pulmonaires.