Analyse de l'impact de la criminalité sur l'industrie touristique : cas de la station balnéaire de Cap-Skirring
Abstract
Cet article examine l'impact de la criminalité sur une destination touristique, en
particulier sur la station balnéaire de Cap-Skirring. L’objectif étant d’étudier les activités
criminelles ou de déviances qui ont un impact direct ou indirect sur le tourisme. Ce travail
décrit comment la criminalité peut altérer la réputation d'une station balnéaire et influencer les
choix des voyageurs, mais également d’analyser conséquences économiques de celle-ci. Il
met également en évidence les méthodes employées pour assurer la sécurité des personnes et
des biens. Les initiatives publiques, les collaborations entre les autorités locales et les acteurs
privés du tourisme, ainsi que les programmes de sensibilisation et d'éducation visant à réduire
les effets négatifs de la criminalité sur l'industrie touristique locale sont aussi analysés. Pour
ce faire, une approche triangulaire est adoptée, et une étude quantitative et qualitative a été
menée auprès de 102 individus selon la méthode en grappe. D’emblée, une étude
documentaire sur l’état de l’art nous a permis de mieux saisir la question de la criminalité. Les
résultats montrent une criminalité grandissante depuis quelques années. Bien que la
criminalité à Cap-Skirring soit marquée par des cas de vol la plupart du temps, la perception
d’autres formes de criminalité plus graves pourraient nuire à la réputation de la destination.
En effet, l’étude montre dans un premier temps l’existence d’une criminalité financière
telle que le travail au noir 48,91 %, l’incivisme fiscal 44,57 % et la corruption 26,09 %1. Les
données de notre échantillon révèlent ensuite plusieurs formes de crimes : 46,74 % sont des
cas de vol de bien matériels, du bétail et du liquide en majeure partie et 18,48 % de meurtre
ou d’assassinats enregistrés, 7,61 % de cas de faux monnayage, 4,35 % d’escroquerie et 1,09
% d’agression physique. Terre traditionnelle de pêcheurs et d’agriculteurs, un regain de
violence extrême lié à des homicides depuis 2019 mais aussi au vol sont constatés dans ce lieu
réputé calme autrefois. Toutefois, plus de la moitié de l’effectif (53,26 %) interrogée confirme
avoir signalé le crime commis à la gendarmerie sur place. 30,43 % avancent qu’ils n'ont
jamais signalé à l’autorité compétente pour deux raisons principalement : 17,39 % par peur de
stigmatisation et 9,78 % jugent que ça ne vaut pas la peine. Des initiatives ont été prises :
implantation d’une brigade de gendarmerie, installation d’une unité de l’OCRTIS2 dans le but
d’endiguer la criminalité.