Mobilités et Dynamiques Socio-économiques en Sénégambie méridionale : le cas de la Haute-Casamance (1867-2000).
Abstract
Ce mémoire est une tentative d’analyse des mobilités à travers la Sénégambie Méridionale entre
le XIXe et le XXIe siècle. Ce phénomène social a impliqué en première ligne la communauté peule, une
communauté composée de pasteurs qui ont longtemps nomadisé entre les plaines montagneuses du Fouta
Djalon et de la Haute-Casamance où ils ne se sont sédentarisés que dans la seconde moitié du XIXe siècle
à la suite à l’éviction de l’empire séculaire mandingue du Gabou. L’implantation diffuse des Peuls en
Haute-Casamance favorise l’arrivée au Fouladou d’autres communautés ouest africaines, notamment les
Bassaris, les Kognaguis, les Wolofs, les Sérères, les Sarakolé (également appelés Soninké). Si les uns ont
été attirés par les conditions géomorphologiques très hospitalières à l’agriculture et à l’élevage, comme
c’est le cas des Peuls du Fouta Djalon et des Navétanes, d’autres, par contre, à l’image des Gabounké, des
Saloum-Saloum et des réfugiés de la guerre de libération de la Guinée-Bissau, avaient fui les conflits
politiques et les péjorations climatiques pour venir y élire domicile. Quoiqu’il en soit, l’implantation et
l’interpénétration de ces différentes communautés ont entrainé des dynamiques sociales, économiques et
culturelles qui ont considérablement façonné la région du Fouladou.
L’histoire contemporaine de cette partie de la Sénégambie méridionale trouve ainsi un tournant
majeur à partir de 1867 et s’est prolongée jusqu’à la fin des années 1990. Cette période charnière couvre
la fin des royaumes précoloniaux, la colonisation française et le Sénégal indépendant, offrant un cadre
riche d’analyse des transformations régionales. Ainsi, cette étude vise à éclairer les processus historiques
qui ont façonné la Haute-Casamance, en soulignant l'importance des mobilités et des échanges dans la
construction des sociétés ouest-africaines.
