Caractéristiques des espèces productrices de produits forestiers non ligneux dans le département de Bakel, Sénégal
Abstract
Les Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) jouent un rôle très crucial dans l’amélioration
des conditions de vie des populations rurales et urbaines. Malgré leur importance, ces
ressources connaissent une régression en raison de facteurs anthropiques et naturels. Cette
étude vise à contribuer à une meilleure valorisation des principaux PFNL. Pour ce faire, une
approche combinant de la perception des populations et des données d’inventaire des
peuplements a été utilisée afin de déterminer l’importance, le statut des PFNL ainsi que les
stratégies de gestion durable préconisées. Un échantillonnage aléatoire simple a été réalisé,
avec un questionnaire administré à 69 enquêtés, représentant 27% de la population de la zone
d’étude. Un inventaire forestier par échantillonnage systématique a été effectué dans 11
placettes carrées de 30 m de côté chacune, dans chaque forêt de terroir, soit un total de 66
placettes avec un taux de sondage de19,9%. L’exploitation des produits du baobab
(Adansonia digitata L) est plus importante et plus bénéfique par rapport aux autres PFNL
avec (43,6%) de citations. Les PFNL sont utilisés de diverses manières : la commercialisation
(49,35%), l’alimentation (37,66%), la transformation (7,14%) et la pharmacopée (5,85%).
Cependant, ils sont confrontés à une multitude de menaces. Il s’agit de l’émondage abusif
(37,85%), des feux de brousse (23,14%), des mauvaises techniques d’exploitation (15,26%),
la surexploitation (7,2%,), du surpâturage (6,04%), du manque de régénération naturelle
(5,04%) et enfin les phénomènes climatiques (4,03%). L’étude révèle que 74,19% des
populations estiment que les PFNL s’épuiseront dans un avenir proche si des mesures de
conservation et gestion ne sont pas prises. Parmi les stratégies de gestion durables proposées,
27,31% des populations suggèrent l’affectation des agents des Eaux et Forêts pour lutter
contre les agressions anthropiques tandis que 18,42% recommandent l’adoption de meilleures
techniques d’exploitation et 15, 66% plaident pour la lutte contre les feux de brousse. Enfin,
l’étude a recensé10 familles, 20 genres et 26 espèces, dans la zone et a montré une bonne
régénération naturelle chez Ziziphus mauritiana et Acacia seyal.